Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 00:00

De 1960 à 1970, j'ai habité 8 rue de l'Épinette au 4ème étage sans ascenseur. J'en ai déjà parlé ici et . Parait qu'ils veulent démolir MON bâtiment comme tant d'autres. Mais ils se sont ravisés (on en fera peut-être le Musée du Dandylan en 2056).

 

 

 
C'est en voyant cette carte postale de la piscine découverte de Viry sur Delcampe que j'ai pensé à écrire un billet sur mes dimanches aux F. Souvenirs nostalgiques... Le plus amusant, c'est que "Magitte" en avait fait autant sur son blog (sourires). Chacun son époque !
Lorsqu'on revenait, ça sentait bon dans la maison ! Un bon déjeuner mijotait sur le feu, une tarte cuisait dans le four...C'était dimanche et il fallait marquer ce jour. Puis on avait le droit d'aller jouer, mais en faisant attention aux vêtements...au besoin on en changeait pour ne pas les salir ou les abîmer ! ça coûtait cher et ils devaient faire de l'usage... On ne gaspillait pas.... Moi, ce que j'aimais, c'était lorsqu'il faisait très beau et que mes parents décidaient de nous emmener pique-niquer (forêt de Sénart, forêt de Fontainebleau, bords de la Seine). Pas besoin alors de nous "endimancher"....Vive la liberté !

 

La première vision qui m'est venue, c'est "la montagne de sable" à La Ferté Alais. C'est ainsi que nous appelions la sablière où nos parents nous amenaient mon frère, ma soeur et moi. Pendant qu'ils jouaient aux boules avec les voisins, nous montions et descendions ce gigantesque bac à sable en poussant des cris de joie avec des sensations sûrement plus fortes que les attractions de Disneyland Resort... Roulé boulé, glissades, cache-cache, c'était le paradis des jeux. Nous pique-niquions sur la plage arrière de la 4L qui se dépliait vers le bas pour faire une table idéale.
  

 

Autre grand souvenir dominicale : "la forêt de Sherwood". C'est ainsi que notre père nous amenait à la forêt de Sénart du coté de Brunoy à l'entrée de l'Obélisque. Jeux de bâtons qui devenaient nos épées pour combattre les méchants en nous prenant pour Robin des Bois ou "Thierry la Fronde et ses compagnons" (Jean-Claude Drouot sur "la première chaîne").

Le soir quand nous revenions de la Forêt de Fontainebleau et d'Arbonne, il y avait d'énormes bouchons sur la Nationale 7 notamment du coté de la cuvette de Corbeil car la route n'avait qu'une seule voie en ce temps-là.
Il y avait aussi "le jardin", un morceau de terrain à Paray qu'un couple de Choisy louait à mon père en attendant de construire leur maison. Il y avait une petite cabane pour s'abriter, une piscine en plastique improvisée par notre père et une tente en toile de parachute ramenée d'Orly où il travaillait ! Curieusement, je me souviens que j'y mangeais des groseilles (rouges et blanches). Avec mon petit vélo vert, j'allais avec mon frère jusqu'au mur d'enceinte de l'aéroport (à l'endroit de ce qui est maintenant la Coulée Verte) pour regarder les avions.

Paray-Vieille-Poste 1965. Ma soeur, mon petit cousin (de l'époque), ma marraine, moi, tonton Alain, ma mère, mon frère et mes deux cousins.

A la maison, nous jouions en famille aux cartes (au "barbu" ou au 8 américain) ou à des jeux de société (au Nain Jaune ou au Jeu de l'Oie). J'inventais mes propres jeux que je testais avec mon père. Nous faisions aussi la télévision : ma soeur était la spectatrice et mon frère et moi mimions les émissions ! Elle changeait de programme à sa guise  et nous improvisions. La Séquence du Spectateur, La Piste aux Étoiles, Au théâtre ce soir, Belle et Sébastien, Thierry la Fronde, l'inspecteur Bourrel des 5 dernières minutes ("Bon sang, mais c'est bien sûr"), Les Dossiers de l'Écran  ; plus tard : Mannix, Amicalement votre, Starsky et Hutch, Arséne Lupin (Georges Descrières), Les Mystères de l'Ouest...
Le soir nous jouions au catch à quatre avec mon frangin dans la chambre après avoir regardé les spectaculaires combats à la téloche (chiqué !) dont notre père était friand. Mon frère n'hésitait pas à aller se cacher sous la table pendant que nos parents regardaient Brigitte Bardot et les films avec le "carré blanc".

J'allais voir mes copains d'école en biclou. Comme à l'époque, nous n'avions pas le téléphone (c'était la préhistoire) et que les téléphones portables étaient de la science-fiction (je n'exagère pas), il fallait aller chez eux pour savoir s'ils étaient libres.

Je me souviens aussi de "la butte" derrière notre bâtiment. Jeux de billes, cage d'écureuil, courses, bataille, osselets... J'achetais Tintin, Pilote, Pif Gadget pour lire le week-end. Il n'y avait pas de bibliothèque ou de ludothèque et j'achetais mes livres et mes revues "chez Cathely", la librairie au coin du centre commercial. Bibliothèque rose, verte, rouge et or. Club des cinq, Clan des sept, Michel, Langelot etc.
L'été, nous allions à Pouldreuzic (oui, oui, le village de Jakez Hélias) dans la maison familiale des quatre soeurs de ma mère (elles avaient le droit à une chambre commune) et à Pâques à Nizerolles dans le Cher près de Bourges chez la mère adoptive de notre père.
C'est Magitte qui me rappelle que le dimanche, eh ben, nous allions à la messe ! J'ai un peu oublié ça (je suis devenu très agnostique après ma communion). L'église était l'actuel Espace Michelet. Après confesse, je me sentais léger et m'envolais au-dessus des marches de l'église (elles n'existent plus, remplacées par une rampe). A l'époque, je voulais être agent secret, avais-je dit au père qui me faisait le catéchisme. Ah ! Ouais, il y avait ausi les "mamans-catéchisme" chez qui nous allions. Que de souvenirs !
 

Moi et ma marraine. 1968.


Nous écoutions Zappy Max à la radio (c'était la semaine vers 13h avant de retourner à l'école Branly). Il fallait courir pour être à l'heure si nous avions écouté l'émission jusqu'au bout.
Des fois, nous nous contentions de descendre au Parc d'Avaucourt pour profiter le la
pataugeoire. Mais le must, c'était tout de même d'aller à la piscine de Viry ! Ou bien, nous allions nous promener à "la Vanne" de l'autre coté de l'avenue de Morangis. Je n'ai malheureusement pas les albums-photos de notre père sous la main pour illustrer tout ça mais à l'occasion, je mettrai des photos d'époque. En écrivant ces lignes, je me rends compte à quel point le monde a changé. UNE seule de chaîne de télé noir et blanc, pas de téléphone, le mot Internet n'existait pas, pas de jeux électroniques et pourtant, nous nous amusions bien !


"Tata Aline", moi et mes parents, rue de l'Épinette. FFF. Athis-Mons (1960)

En feulletant un album-photos de mon parrain (il faisait de la photo lui-aussi, il n'y a pas de hasard...), je me rends compte que j'ai complétement zappé "la famille". Ben oui, bien sûr, les dimanches, nous allions à la caserne de Nogent sur Marne voir "tonton Alain et tata Denise". Nous jouions au baby-foot avec mes cousins au mess des officiers. Des fois, nous poussions à Nogent sur Seine voir la demi-soeur de lait de mon père. Ou chez "tata Laurianne" à Ormesson sur Marne où mes parents avaient habité quelques années, elle nous offrait plein de petits gadgets, des babioles et des revues, ce qui nous ravissait. Il y avait aussi "tata Aline", la compagne de mon parrain malheureusement mort dans un accident de voiture en 1961 ; elle habitait rue Boulard à Paris et nous mangions systématiquement une boîte de petits pois chez elle. Les toilettes à la turque étaient dans l'escalier ! Je me souviens une fois que nous étions allés nous balader au square en face de la mairie du XIVème. Des gamins plus grands que moi jouaient aux billes (au "triangle"). L'un d'eux m'avait pris en sympathie et m'avait prêté une bille et je les avais tous plumés en rapportant une centaine de billes avec moi ! 
Les souvenirs de ma soeur sont faits d'un tourniquet dans un petit square près de la Voie Verte, de malabars, de "Carensacs", de Mistral gagnant ou de pochettes-surprise, de jeux dans les caves où elle se mariait pour de la faux (sic). Elle faisait des tentes sur la butte pour jouer aux indiens ou à l'infirmière avec son copain ou attaquait les gosses des bâtiments d'en face. Dans Pif, il y avait les histoires de "Totoche" (et sa copine Corinne ?).


Ma mère, moi, mon père et mon frère.

 

Le dimanche, c'était aussi le poulet-frîtes avec la peau bien grillée. Au fur et à mesure, les souvenirs affluent : les chataignes à la Tour de Montlhéry, mon frère allant cueillir les écrevisses aux Fouilles de Vigneux ; bien sûr, tout n'était pas idylllique, on recevait des roustrouilles et les parents avaient encore le droit aux martinets achetés au Suma (Dolto n'existait pas encore). Belle Épine n'existait pas non plus et le must, c'était d'aller au Carrefour de Sainte-Geneviève des Bois, LE premier centre commercial (on n'imagine plus aujourd'hui dans notre monde consumériste, qu'il y a eu une époque SANS centres commerciaux !). Je ne parle pas de cinéma car je suis allé au cinoche bien plus tard (j'avais 13/14 ans et c'était à Paramé avec mes parents pour aller voir... Les Charlots en folie !). Emmanuelle, c'est avec mon camarade Robert au Calyps' à 18 ans. J'ai retrouvé sur le Net, il y a peu, la scène où Christine Boisson se trifouille le minou dans un panier d'osier. Mais les années 70/80 à la Cité Bleue, c'est une autre histoire que je raconterai peut-être un jour...

Publié dans : Années 60-80
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