Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Recherche sur Over-Blog

                          

 

24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 00:00

Il est 8 heures, ce matin de juillet 2064. Timéo, chercheur de 50 ans, ouvre les volets de son appartement, au quatorzième étage d'un immeuble de Ris-Orangis. Le thermomètre affiche 38°. De sa fenêtre, il aperçoit la tribune Francis Chouat du Grand Stade de rugby, rebaptisée en hommage à l'ancien maire (PS) d'Évry.  « Quand est-ce qu'ils vont se décider à le rénover ? », soupire-t-il, attristé par l'état de l'édifice. Il allume sa montre pour y lire le journal. Deux gros titres : un candidat d'origine rom se présente aux élections municipales à Angerville et Robin Reda, élu maire (UMP) de Juvisy-sur-Orge à 22 ans en 2014, devient sénateur.

Le quinquagénaire démarre sa voiture automatisée. Il s'installe, dicte sa destination -le site de recherche du Genopole d'Évry- puis se laisse conduire, serein. En 5 ans, il n'y a eu que 2 morts sur les routes de l'Essonne. Il aurait pu prendre le métro qui passe en bas de chez lui pour relier la plus grande université d'Europe à Orsay via Évry et Corbeil mais les travaux de rénovation restent suspendus aux crédits du Syndicat des transports d'Île-de-France qui se font attendre.

Timéo a le temps. Il n'a pas à déposer sa fille à l'école ce matin. L'institutrice d'une des cinq classes de 50 élèves l'a prévenu la veille d'une épidémie de fièvre Ebola. Heureusement, le laboratoire de recherche militaire de Brétigny-sur-Orge, créé en 2014 sur l'ancienne base aérienne, a découvert un vaccin efficace en prévision de la prolifération du virus liée au réchauffement climatique. En arrivant au laboratoire, il échange avec Pierre Tambourin, 120 ans, président génétiquement modifié du Genepole depuis sa création, au sujet d'une première mondiale du Centre hospitalier sud-francilien, la greffe d'un poumon artificiel.

Pierre Tambourin s'éclipse. Il a rendez-vous avec Manon, 60 ans. Celle qui a fait l'objet d'un article dans Le Parisien lors de son élection au conseil municipal des jeunes d'Évry il y a plus 51 ans a fait du chemin : elle préside désormais le conseil général. Elle applique la politique décidée dans son enfance : « Baisser les impôts et que les riches et les clochards soient égaux ». Timéo retrouve son collègue Nathan qui habite à deux pas de là, dans le quartier bobo des Tarterêts, dont les tours ont été rasées il y 20 ans, à Corbeil-Essonnes. « Je serai bien allé à la Grande-Borne à Grigny mais c'est trop cher. Et au sud, c'est urbanisé jusqu'à Pussay », se désole Nathan.

Le midi, Timéo déjeune d'insectes produits dans une ferme de Dourdan. Il appelle sa femme, Inès, pour lui demander de rapporter pour le dîner des légumes du dernier agriculteur essonnien à produire ses graines lui-même, à Vert-le-Petit. Le soir tombe. Le cinquantenaire demande a sa voiture de rentrer toute seule. Il s'offre un retour sur la Seine via le Batobus Le Coudray-Montceaux - Paris. Par le hublot, il croise quelques baigneurs. Il détourne le regard devant les baraquements de réfugiés hollandais, fuyant les inondations de leur pays. « C'est dur mais on ne peut pas accueillir toute la misère climatique du monde », pense Timéo.

L'essonnien du futur passe la soirée au Grand Stade pour le concert de la tournée « Rap Nostalgie ». En tête d'affiche locales Ol'Kainry de Courcouronnes et Disiz d'Evry, qui, à 86 ans, fait résonner son hymne. « Je pète les plombs, putain, je pète les plombs »

http://www.leparisien.fr/espace-premium/essonne-91/le-quotidien-d-un-essonnien-en-2064-12-07-2014-3995081.php

Partager cet article

Repost 0

commentaires

BRUDIPAT 24/07/2014 14:25


j'adore !!!

DK 24/07/2014 09:50


Très réussi!