Balade dans Athis-Mons (91200), Juvisy sur Orge (91260) et Paray-Vieille-Poste (91550) FRANCE
SOUVENIRS…..encore -
Décidément, dès qu’arrive le 18 avril, je me retourne sur mon passé et sur celui de tous ceux, habitants d’ATHIS et JUVISY, qui ont beaucoup de mal à oublier. Ce que nous avons vécu, je crois vraiment que c’est inscrit à tout jamais dans notre cerveau. Alors, « faisons avec ».
Pour tous ceux qui étaient jeunes à l’époque de la guerre, il faut bien reconnaître que notre jeunesse a été plus ou moins occultée. Avions-nous le temps de penser que nous étions jeunes ? Je n’en sais rien. Il nous fallait vivre et survivre, avec les moyens du bord ! Et ils n’étaient pas nombreux ! Et en plus, combien de jeunes de cette époque avaient qui un père, qui un frère, prisonnier, déporté, ou disparu…Ce qui ne mettait pas la joie dans les familles. Bien sûr, la jeunesse a ça de bien qu’elle peut trouver motif à rire et à parfois s’amuser dans des circonstances qui ne s’y prêtent guère. Heureusement.
Pour nos parents, c’était certainement plus dramatique. Que de responsabilités de tous ordres , il fallait faire vivre la famille financièrement d’abord et ça, souvent en l’absence du père, vivre et nourrir et là, si ce n’était pas mission impossible, c’était hyper-compliqué ! Il faudrait qu’un hommage soit rendu à toutes les femmes qui, à l’époque, se sont retrouvées chef de famille ! C’est surtout maintenant que j’ai bien vieilli que je me rends compte de ce qu’a été la vie de nos mères notamment pendant toute cette période.
Et pour terminer tout ça, 18 avril 1944 ! Je sais que pour ma mère, ce fût le coup de grâce. Et je comprends mieux ce qu’elle a voulu me dire lorsque nous avons découvert à la sortie de l’abri que nous n’avions plus de maison alors que moi je disais « nous n’avons plus rien, mais nous sommes vivantes ». Elle m’a alors répondu : « tu dis ça parce que tu es jeune, mais moi je n’aurai plus jamais ce que j’avais ». Elle avait alors 44 ans. Combien se sont retrouvés dans ce cas ? Maisons détruites, foyers disloqués, familles disparues à tout jamais….
Allons, pas de misérabilisme ! Ce fût une époque hors du commun. Et si les sacrifices de nos parents et notre jeunesse quelque peu gâchée peuvent servir d’exemple (à ne pas suivre) aux générations qui nous suivent, alors ça rend plus supportables ces souvenirs que j’aimerais bien, pour ma part, enfermer à clé dans un petit coin de mon cerveau et condamner à la réclusion perpétuelle ! Qui aurait la recette ?
Geneviève Montpellier, 16 avril 2008
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