Balade dans Athis-Mons (91200), Juvisy sur Orge (91260) et Paray-Vieille-Poste (91550) FRANCE
Par Dandylan
Procès Beghal : Kamel Daoudi, de la fac aux camps islamistes
Kamel Daoudi, soupçonné d’avoir préparé pour Al Qaïda en 2001 un attentat contre l’ambassade des Etats-Unis à Paris, a raconté mardi au tribunal correctionnel de Paris son itinéraire, des universités françaises aux camps d’entraînement islamiques d’Afghanistan.Au second jour du procès où il comparaît avec cinq autres suspects, cet Algérien de 30 ans a nié toute conviction islamiste radicale, malgré la découverte de nombreux textes de théoriciens islamistes dans son ordinateur."Quand quelqu’un lit Le Capital, il n’est pas forcément marxiste, ni membre d’Action directe, ni terroriste (...) Je suis quelqu’un de très curieux, il m’arrivait même de lire Minute", l’hebdomadaire français d’extrême droite, a-t-il dit.Kamel Daoudi, né en Algérie, est arrivé en France à l’âge de cinq ans, dans le cadre du regroupement familial. Il est titulaire d’un Deug de sciences, d’une licence de génie mécanique obtenue à la prestigieuse Ecole normale supérieure de Cachan (Val-de-Marne) et a également suivi les cours de licence en informatique.L’accusation le tient pour l’informaticien du réseau fondé en Europe par le Franco-Algérien Djamel Beghal. Il aurait notamment assuré par internet la liaison avec l’entourage d’Oussama ben Laden en Afghanistan.En 1998, il a décroché un emploi-jeune au "cyberespace" de la mairie d’Athis-Mons (Essonne), où il passait ses nuits, "surfait" sur les sites islamistes et assurait des liaisons internationales par une boîte aux lettres sécurisée où les correspondants ne pouvaient être identifiés.C’est à ce moment que son épouse hongroise a remarqué un changement dans son comportement, a expliqué le président du tribunal.
"L’Afghanistan, notre terre promise"
Ce dernier a lu une déposition où la jeune femme explique que son époux lui imposait le port du voile et lui interdisait d’écouter de la musique."En effet, j’ai approfondi un peu plus la religion et j’ai essayé de la convaincre d’avoir une attitude respectueuse", a expliqué Kamel Daoudi au tribunal.En août 2001, le jeune homme a répudié son épouse par courrier, résilié son bail locatif et il est parti en Afghanistan, via Londres et le Pakistan, muni d’un faux passeport français. Le but de ce voyage a fait débat."L’Afghanistan était une terre un peu mythique, c’était un petit peu notre terre promise. Je voulais savoir comment ça se passait, j’étais dans une période de grand questionnement, un peu comme Candide dans le conte philosophique de Voltaire", a expliqué le prévenu.L’accusation a retenu au contraire le scénario exposé par Djamel Beghal lors de ses premières déclarations en 2001, ensuite rétractées : le voyage aurait servi à la formation militaire du groupe Beghal et à la mise au point du projet d’attentat contre l’ambassade des Etats-Unis en France.Après l’arrestation de Djamel Beghal aux Emirats arabes unis en juillet 2001, Kamel Daoudi a fui au Royaume-Uni, où il a été à son tour interpellé, avant d’être remis à la France fin septembre 2001.Dans son ordinateur saisi en Grande-Bretagne, les policiers ont retrouvé des textes rédigés par plusieurs théoriciens intégristes, dont l’Egyptien Ayman al Zawahiri, bras droit d’Oussama ben Laden.L’audience de mardi a été marquée par un incident entre le président du tribunal, Philippe Vandingenen, et l’avocat de Kamel Daoudi, Me Frédéric Bellanger, qui a accusé le tribunal d’escamoter le "débat idéologique".Le président a suspendu l’audience quelques minutes et a repris le cours du procès par une déclaration solennelle : "cette audience n’est pas le lieu d’un débat idéologique mais judiciaire, on ne vous juge pas sur des idées mais sur des faits".Le procès se poursuit mercredi.
Publié par DAOUDI
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