Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Balade dans Athis-Mons (91200), Juvisy sur Orge (91260) et Paray-Vieille-Poste (91550) FRANCE

Publicité

Les souvenirs de Geneviève (Tome 3) : le Mort-Rû

Encore des souvenirs anciens … Le MORT-RU

                  Lorsque mes parents sont arrivés à Juvisy  en 1927, nous habitions rue de la Paix ; notre maison se trouvait être la dernière de cette rue, pas encore reconnue comme on disait alors. Nous étions séparés d’Athis par le Mort Rû, petit ruisseau qui portait bien son nom et qui, en allant tranquillement se jeter dans l’Orge un peu plus loin, délimitait notre jardin pour la plus grande joie de mon frère et moi ! Pas tout à fait mort d’ailleurs le ruisseau, puisqu’on pouvait y attraper des sangsues, des têtards et autres êtres vivants guère plus ragoûtants… Et, malgré les interdits de nos parents, on ne s’en privait pas ! 

                    Un petit pont de bois vermoulu (oh combien) nous permettait d’aller sur Athis; en empruntant à droite de chez nous l’avenue du Miroir qui se trouvait partie sur Athis, partie sur JUVISY (à gauche du pont). Nous allions chez des commerçants Rue de Juvisy (pharmacie LEGROS  entre autres) et surtout, nous allions chercher de l’eau potable à une borne-fontaine qui se trouvait à l’angle de la rue de Juvisy et de la rue du Miroir… Comme je l’ai dit, notre rue « n’étant pas reconnue » par les services municipaux, nous n’avions pas l’eau, hormis une pompe qui rendait bien service pour tout, sauf que l’eau qu’elle nous donnait était impropre à la consommation. 

                      Alors, quelle expédition ! Lorsque nos parents allaient chercher l’eau à la fontaine, il n’y avait aucun problème….Mais quand mon frère et moi étions de corvée avec chacun notre petit broc, c’était une autre histoire ! Les gamins du quartier qui trouvaient que ces petits parisiens leur prenaient leur eau, attendaient que nous approchions de la maison pour… cracher dans nos récipients. Et mes parents étaient obligés de se fâcher, ce qui réjouissait ces gosses … Nous ne sommes pas restés ennemis très longtemps, j’en ai quand même un mauvais souvenir ! Mais bon , les souvenirs ne sont pas tous agréables et tout ça n’était pas bien grave… Il n’y avait pas de voitures à brûler à l’époque ! 

                        Ce Mort-Rû, dont l’eau n’était pourtant pas attirante, attirait tous les gamins et tous sont tombés dedans un jour ou l’autre en attrapant des sangsues ! Les planches du pont étaient disjointes, vermoulues et… il fallait faire attention où on mettait ses pieds ! Lorsqu’on courait dessus, ce n’était pas évident … et on passait facilement au travers avec bain forcé à l’arrivée. Oh, ce n’était pas profond, mais quelle vase ! « Ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés… » Je crois qu’il n’y a eu aucune exception. 

                        Pour ceux qui étaient amateurs d’abricots disons « gratuits » si vous voyez ce que je veux dire, le bain était assuré aussi. Deux braves personnes, déjà âgées, avaient dans leur jardin un magnifique abricotier dont des branches croulaient sous le poids des fruits pas faciles à cueillir : ces branches étaient au-dessus du Mort Rû. Déjà que pour des jeunes ce n’était pas facile, il faut admettre que pour ces gens c’était très difficile… Alors les gosses, pas tous heureusement, s’en occupaient, mais pas toujours avec succès… Leur récolte et eux-mêmes  étaient bien mouillés et avaient un goût de vase… le goût du péché en l’occurrence ! 

                        Mes parents ne voulaient pas qu’on aille jouer dans la rue, mais qu’est-ce qu’on le regrettait ! On trouvait extraordinaire la vie que ces enfants avaient, ils n’avaient peur de rien.

Ils étaient turbulents, inventifs, mais très gentils. Pour leur faire plaisir, ma mère leur faisait écouter l’arrivée du Tour de France à la TSF (nous étions privilégiés). Ils étaient assis sur le mur et ma mère ouvrait grand la fenêtre et mettait le poste à tue-tête ! Tout Athis-Juvisy pouvait en profiter ! 

                       Et puis, enfin nous avons eu l’eau courante, le tout-à-l’égout, une rue bien faite et un pont sur le Mort-Rû et toute la rue du Miroir a été reliée. Et ensuite, mais je ne sais plus à quelle époque, sans doute après la guerre, le Mort-Rû a été recouvert…

                        Nous avons quitté la rue de la Paix en 1935 pour aller… rue du Miroir ! Mais toujours sur Juvisy dans une maison toute neuve qui a cessé de vivre le 18 avril 1944 ! Notre ancienne maison de la rue de la Paix en a fait autant … Tous les souvenirs palpables sont partis ce jour-là… 

                        Avant-guerre des commerces s’étaient installés rue de Juvisy, sur Athis, dont LA BRIARDE  (laiterie, crèmerie, épicerie). Tout le quartier était bien pratique et agréable. 

                        Athis n’a pas toujours été la grande ville qu’elle est devenue ! Il est difficile de s’imaginer que c’était presque la campagne ! Et que les enfants avaient les mêmes jeux qu’à la campagne ! Faut-il le regretter ? Personnellement, je ne le pense pas…le progrès a du bon, même si on « y laisse un peu des plumes parfois »…

                                                                  ------------------------

 

 

 

Depuis l’Avenue du Miroir……… 

                      Aller au « champ d’aviation d’Orly » était une très grande promenade que nous faisions assez souvent le Jeudi, à pieds bien entendu ! Il y avait environ cinq kilomètres. C’était donc la grande sortie. On emportait le goûter… un vrai bonheur quoi ! 

                        De l’Avenue du Miroir, après avoir emprunté une partie de l’Avenue de l’Orge, on traversait les anciennes forges et on prenait d’autres raccourcis dont je ne me souviens plus… Tout ceci dans la joie et la bonne humeur ! 

                        Arrivés à Orly , (en réalité le champ d’aviation se trouvait sur ATHIS-MONS  et sur PARAY-VIEILLE-POSTE et pas tellement sur ORLY), nous avions la joie de voir de très près ces petits avions de tourisme, de les voir manœuvrer et faire des acrobaties ! L’aviation n’était pas encore bien vieille et tout nous émerveillait. On s’approchait des grands hangars… C’était formidable … On traînait beaucoup plus les pieds pour revenir…. 

                        Ces petits avions (qui nous semblaient si grands), ces exercices, ces loopings, on les voyait aussi de notre maison Avenue du Miroir. De la chambre de mon frère qui se trouvait au premier étage, nous apercevions les hangars disparus maintenant. Et l’excitation, c’était quand on voyait des ballons dirigeables. On se précipitait à la fenêtre ou dans le jardin pour les regarder… Tout ceci faisait rêver… D’autres avions sont venus plus tard, beaucoup moins innocents et dont le bruit n’annonçait rien de bon dans l’immédiat… 

                        Je me souviens aussi du bruit, mais ça c’était un peu énervant, qui nous arrivait suivant le vent ! Les bruits provenant des bancs d’essais de l’usine GNOME ET RHONE située à Paray-Vieille-Poste sans doute ? Très lassant ….de même que ceux provenant de la gare de triage de Juvisy/Athis qui se trouvait à deux cents mètres de chez nous à vol d’oiseau : les ordres de manœuvre étaient criés dans des hauts-parleurs et se mêlaient au bruit des wagons qu’on raccrochait etc… La nuit surtout, c’était pénible. Est-ce que cela existe toujours, ou bien a-t-on trouvé un autre système pour donner les ordres ? 

                        Souvenirs d’enfance, souvenirs d’une époque qui semble peut-être pour certains venir des temps les plus reculés… Les progrès sont venus mais il a fallu payer très cher pour cela. 

                       ORLY, après avoir été un « champ d’aviation », a été un « camp d’aviation » puis un grand aéroport où on va toujours en promenade admirer les gros avions et rêver….La roue tourne… 

                                                                                 Geneviève 

                                                                     Montpellier, le 19 juin 2007

Ce texte est sous référencement IDDN. Toute utilisation de celui-ci doit avoir été précédée d'une demande à l'auteur 

Les souvenirs de Geneviève (Tome2)
Les souvenirs de Geneviève (suite)

Les souvenirs de Geneviève (août 1944)
18 Avril 1944

 

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article